18 Août - Aéroport
Publié leÀ l’aéroport, notre vol est prévu avec un embarquement à 21:30. Mais une ombre sombre plane sur nous. Lucie me fait remarquer que dans nos voyages, nous avons toujours eu de la chance et jamais eu de gros retard. Je lui explique doctement que c’est uniquement grâce à mon organisation et ma prévoyance sans faille, que seuls les péons mal préparés ont ce type de revers, les nazes.
L’embarquement est retardé d’une dizaine de minutes, ce qui est habituel. Je rassure tout le monde, car certains paniquent déjà. Au bout d’une demi-heure, le retard se change en 1h, puis 1h30. C’est parfait ça ! Comme nous avons 4 heures d’escales à Heathrow, ça nous fera moins à poiroter là-bas. Deux heures plus tard, le temps commence à devenir long, je décide d’aller voir les hôtesses en leur expliquant qu’elles peuvent me confier les clés de l’avion, je me charge (sans frais !), de conduire tout le monde, ce sera plus simple. Pour d’obscures et sombres raisons, elle déclinent.
On nous annonce un brin plus tard qu’une pièce est défaillante au niveau des lumières (?) et que la remplaçante de la dite pièce est commandée et en cours de livraison, par Uber-flight probablement. J’offre alors une nouvelle fois mes services pour aller bricoler la carlingue, je sais faire leur dis-je, j’ai vu dans McGyver, il faut juste du papier chewing gum métallisé et un peu de scotch. Peine perdue, nouveau refus, on dirait des loueurs de kayaks. L’aéroport se vide. Le départ est ensuite reculé à 00:00, puis 01:00. Les 200 passagers en attente prennent possession du hall et de ceux voisins, chacun s’étalant, qui dormant en travers sur les sièges, qui grignotant ou faisant des étirements, qui occupant les enfants par des jeux ou des livres, nos enfants occupant leurs parents.
L’ambiance a changé également, moins d’annonces en continu de « dernier appel pour le vol XXX à destination de Tombouctou ». Soudain, bonne nouvelle ! La pièce a été changée, et on n’attend plus que le software redémarre. Je m’imagine un vieux Windows des familles en train de rebooter, coincé par des mises à jour interminables. L’atmosphère s’égaye alors un peu, en tout cas pour ceux qui ne dorment pas, beaucoup s’ébrouent et commencent à récupérer affaire et à doucement murmurer des mots doux aux oreilles des endormis.
Vers 01:30, après le réveil, c’est bien connu, c’est la douche. Froide. Le software n’a pas redémarré et le vol ne peut être assuré. Il nous faut ressortir, passer par la douane, récupérer nos 3 tonnes de bagages et trouver un hôtel pour la « nuit ». 200 personnes en même temps. On est forts, on est jeunes, on est beaux et malins alors on décide d’y aller on our own. Tel De Gaulle sauvant Carthage de l’attaque de Spartes à Waterloo, je réserve en deux-deux sur booking un hôtel, au frais de la princesse British Airways, à côté de l’aéroport. Yep, je suis trop fort. Une navette 24/24 nous y conduis, il est 02:20, nous sommes soulagés. À tort. Sur place, le brave maître d’hôtel m’explique gentiment que je suis un boulet puisqu’ayant réservé après minuit, à la date du jour, c’est donc une réservation pour le soir qui arrivera dans une quinzaine d’heures et pas maintenant-tout-de-suite-pour-la-nuit. Et la, maintenant, ben c’est complet.
Il y a 3 hôtels dans le coin, on les fait tous un par en traînant nos bagages, tous sold-out. Nous retrouvons le gentil chauffeur de la shuttle aéroport qui nous y remmène, il compatit avec nous et nous conseille. Pendant le trajet on appelle plusieurs hôtels, tous complets. Faut dire qu’il y a la grève Air Canada actuellement avec des dizaines d’autres vols annulés et d’autres passagers à sauver. On retourne un peu penaud au guichet de BA, nous sommes les derniers de la file d’attente. Vers 03:30, un hôtel, un gros Courtyard-Marriott, nous est attribués, il n’y a plus qu’à attende la navette. Que nous attendons sur le mauvais quai, l’organisateur, très mister « tout va bien, je gère, ça arrive dans 10 minutes », s’étant trompé de numéro. Pour sa défense, c’est quand même bien tendu d’aiguiller 200 « naufragés » cosmopolites. Nous attendons alors le bus affrété. Presque 10 minutes plus tard, vers 04:10, c’est le départ pour l’hôtel.
L’heure du sommeil étant passé, on est en pleine forme, enfin disons que certains ont les cernes qui ne descendent pas tout à fait encore en bas des joues, les autres sont des zombies sur pattes. À la réception de l’hôtel, vers 04:30, légère inquiétude lorsque la réceptionniste annonce qu’elles n’a pas les chambres, car elles sont mal indiquées sur le coupon. Des lueurs meurtrières apparaissent fugitivement dans les pupilles de certaines que je ne nommerai pas. Je me propose alors pour aller construire les chambres, le béton ça me connaît, mais fausse alerte, on peut les rejoindre peu après. Arrivés dans la chambre à 04:58, nous nous mettons au lit avec la grâce suave d’un éléphant de mer s’échouant sur la grève, et, à 04:59, tout le monde dort du sommeil du juste.
(Note: toutes les photos sont visibles sur ce lien)























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