6 Août - Rochester

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Ce matin est doublement cool. Premièrement, on ne doit pas ranger les valises car on reste une seconde nuit, et deuxièmement, y’a des œufs au bacon.

On déjeune dehors en compagnie de squirrels 🐿️. On va ensuite visiter la nouvelle maison de Jade. C’est une assez grande bâtisse, en bois aussi, dans un quartier bien plus reluisant. Un de ces collègues étudiant l’a récemment acheté et la loue en collocation (prêt sur 30 ans, loyer couvrant le prêt, probablement revendu dans quelques années). Parties communes au rez de chaussée, chambres à l’étage, large basement pour entasser le bazard. C’est bien aménagé, on sent qu’ils travaillent à en faire un chouette lieu: petit jardin avec coin brasero pour les soirées au coin du feu avec des chamallow, terrasse, allée de lavande, etc.

On part ensuite visiter l’université de Rochester, dont le campus est lui aussi incroyable. Le relatif vide (vacances d’été), rend les volumes encore plus spacieux. Les jardins extérieurs qui bordent les grands bâtiments sont parfaitement entretenus, avec de grands arbres centenaires et des fleurs. Le budget entretien seul doit être équivalent à celui de tout l’université de Lyon. On visite le labo de Jade, grand hall s’ouvrant sur 5 étages avec corridors et escaliers sur le pourtour. Bien sûr, c’est climatisé. C’est calme, propre, avec des posters de sciences sur tous les murs. Tout donne envie de se mettre dans un bureau pour découvrir une nouvelle molécule ou un vaccin anti-maga. La bibliothèque est particulièrement stupéfiante, immense bâtiment massif, plus ou moins gothique, avec des grandes tours. L’intérieur est aussi majestueux, grand plafonds voûtés, boiserie sombre, immenses photographies ou peintures des ancêtres bienfaiteurs (que des hommes, faut pas deconner tout de même), salle silencieuse avec des grandes tables aux lourdes chaises, avec des lampes au centre. D’autres pièces abritent des salles de réunions, plus moderne avec de grands tableaux blancs. Plus profond dans le bâtiment, on trouve des labyrinthes de rayonnages plus bas de plafond avec des ouvrages anciens. On passe aussi plus loin dans des tunnels souterrains qui permettent d’atteindre d’autres bâtiments, pour éviter le froid l’hiver. À l’extérieur, on passe aussi devant d’autres bâtisses de style ancien, des fraternités ou sororités, sorte de cité universitaire pour colloc d’étudiants. Plus loin, de grand espace de restauration, sorte de food court, sous une immense verrière ventrue, avec starbuck et diverses salles de pause. Je passe sur le grand stade extérieur, orienté football américain. Ça en jette, Clémentine décide que c’est là qu’elle ira étudier et finalement pas à l’université de Rochetoirin.

Après le pique nique dans un grand parc voisin en compagnie de bernaches, on va visiter le Strong National Museum of Play, juste au bon moment, pendant l’averse. C’est le musée du jeu et des jouets avec une orientation patrimoine Américain. Comme tout ici, c’est encore immense, des tonnes de salles qui s’enchaînent avec des installations grandioses, par thème. Par exemple une dînette pour enfant géante: un « vrai » supermarché type Walmart (un Carrefour si vous préférez) avec plein de rayons de fruits, légumes, viandes, boîtes de conserves, céréales … le tout en plastique, avec les vraies étiquettes. Des mini caddies à remplir, des caisses enregistreuses à la sortie où on passe le code barre et le prix s’affiche sur l’écran, un appuie sur un bouton et un VRAI ticket de caisse sort de la machine. Énorme! Les gamins qui entrent là sont dans un autre monde, on voit dans leur yeux l’abandon complet, ils ne jouent pas ils sont dans cet autre univers. Plus loin l’île au trésor, Sherlock Holmes, Alice au pays des merveilles, un bateau de pirates, des soucoupes volantes, les avengers, Scooby doo, j’en passe. Ça termine avec des centaines de jeux vidéos mis en scène sous divers formes, des bornes d’arcades, des écrans géants, des installations diverses, l’histoire des jeux. Un écran projette un petit film historique sur la perception des jeux vidéos par certains dans les années fin 1970, début 1980. On y voit la Sandrine Boutin ou Christine Rousseau de l’époque, même dégaine, même façon de parler, posée, sure d’elle, convaincue, affirmant sans ciller que les jeux pervertissent l’âme, rendent stérile, fous, que les joueurs sont des suppôts de satan qui mange des petits chats vivants, il n’y a donc pas d’autres alternatives que d’interdire ces jeux totalement (véridique). Comme nos âmes sont de toutes façon tordues (nos âmes sont tordues, pour pêcher c’est le pied comme disait l’autre devenu alcoolique), on reste à jouer jusqu’à la fermeture. Il pleut toujours pas mal, une pluie lourde, avec une ambiance presque équatoriale. Le pique-nique initialement prévu au bord de la plage (lac Ontario) est donc transformé en une soirée pizzas 🍕 au coin du feu. Véridique, nous allumons la cheminée. C’est rapide ici, pas besoin de monter du bois ni de chercher des allumettes, suffit d’appuyer sur un bouton et hop, des flammes dansent dans l’âtre. C’est bien entendu uniquement pour le style, il fait bien assez chaud comme ça.

 

 

(Note: toutes les photos sont visibles sur ce lien)

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