2 Août - New York
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La tolérance est différente aux US. Notre hôtel, un haut building assez étroit, est situé légèrement en retrait du trottoir, avec une mini placette et quelques bancs, le tout entouré par les pans des murs des immeubles voisins. Cependant, lorsque nous sommes arrivés la première fois, j’avais remarqué que tout était trempé, passé au jet d’eau, donc personne ne peut vraiment s’asseoir sous peine d’avoir le cul mouillé. Ce matin, en sortant chercher en petit dej (ne rêvez pas, il ne s’agit pas de café - insipide ici -, ni de croissants - pâteux ici -, mais de trucs sucrés quelconques), je vois un groupe de SDF sur les bancs. Un gardien de l’hôtel bien baraqué est à la porte et les veille du coin de l’œil, mais ne les chasse pas. Le groupe d’une demi douzaine de personne se lève et me précède au seven eleven. Ils font peine à voir, tous terriblement en surpoids, assez sales, un peu bruyants. Un autre gardien les laisse entrer dans le magasin où ils font leurs affaires. Caissiers et gardien semblent blasés et sont patients, leur demandant simplement à un moment de ne pas hurler. Je rentre à l’hôtel et, dans l’intervalle, des agents sont venus nettoyer les bancs à grand renfort de jet d’eau. Ils resteront là un bon moment. Le soir on en verra d’autres au meme endroit. La place des SDF semble différente ici, plus visible, plus tolérée (?), mais tout aussi triste.
On part ensuite en rang d’oignon, traversant blocs et parc, direction le Summit, l’attraction touristique par excellence. Cela s’avère « Big and Bold » comme savent le faire les américains. D’abord un ascenseur TGV qui grimpe au 92eme étage en quelques secondes, avec son et lumière adaptés. Ensuite, trois étages s’enchaînent avec des vues à couper le souffle et des animations sur chacun. Le premier est réellement stupéfiant, les parois extérieures sont évidemment vitrées et donnent sur Manhattan comme si on le (la?) survolait par un hélicoptère, et toutes les autres faces de l’immense salle sont des miroirs, plancher et plafond compris. On se répète à l’infini et tout le monde passe autant de temps à s’auto-regarder de haut de bas ou de côté, qu’à survoler les grattes-ciels. La deuxième salle est remplie de ballons chromés qui baladent dans tous les sens suite aux courants d’air pulsés et aux impulsions du public. On y reste des plombes. Le dernier niveau permet pendant quelques secondes de marcher au dessus du vide sur une grande plaque en Plexiglas en surplomb du bâtiment. On croit voler. Super expérience, bien rodée, on en a plein le mirettes.
En sortant, on oblique pour visiter Grand Central Station, un magnifique hall de gare, tout clean (Part-Dieu, prends en de la graine !), un plafond peint, d’une hauteur vertigineuse, une horloge mythique, des bruits de hall de gare et de beaux escaliers où les filles cherchent à se faire photographier pour imiter XXX dans Gossip Girl. Je n’ai pas trop retenu le prénom, Lynda ? Samantha ? Cunégonde ? On enchaine par la Public Library qui a abrité la naissance du NewYorker, magazine célèbre s’il en est, avant de retourner déjeuner au parc Bryant, à l’ombre de hauts platanes. Il y a beaucoup de monde, des coins réservés pour les échecs, d’autres pour la lecture, un brouhaha continue de conversation, le soleil qui tape, c’est chill.
En début d’après-midi, les deux warriors retournent à pattes à l’hôtel pour changer leur habits de lumière pour une tenue short/baskets de runners fluo, tandis que les minettes se dirigent vers Central Park avec la ferme intention de concurrencer le Tour de France. Central Park c’est le parc de la tête d’or de NY, un brin plus grand peut-être. Les warriors entament leur tour du parc en running, avec une souple foulée toute Européenne pour faire baver d’envie ces lourdauds d’Amerloques. On s’aperçoit cependant assez rapidement qu’une bonne partie des runners s’avère des grosses masses baraquées luisantes de muscles, et on les laisse passer faisant mine de mater le paysage. Le parc est immense, avec des petits « chemins » de partout et de grandes autoroutes pour vélos et trottinettes encerclant le grand lac intérieur. Il y a un monde fou, des sportifs, des familles posées dans les grandes pelouses, qui sur le pourtour de l’eau, qui dans une combe ombragée, des flâneurs, des chanteurs au bord de l’eau, des saxophonistes, des vendeurs de snack … On fait le tour du parc en s’arrêtant régulièrement pour regarder un bout de match de baseball ou un point de vue sympa, au vert avec les gratte-ciel en fond. Le tour terminé, l’UTMB rejoint le Tour de France, et on chill tous un petit moment dans la pelouse.
Le choix de la sortie en soirée s’avère délicat, on ne sait pas vraiment que choisir. Ce n’est pas vraiment qu’il manque d’activités à New York, hein, ce serait tout de même injuste de dire ça. C’est juste qu’on ne trouve pas d’activité qui ne siphonne pas complètement les comptes en banque. Et quand je dis siphonner, c’est vraiment l’impression que tout paiement donne ici: tu lis un prix, on t’en annonce un autre, faut ajouter les taxes et le tips, on te prend la carte bleu pour payer avec, tu obtiens encore un autre montant et hop, ni vu ni connu je t’embrouille, ca revient au double de ce que tu avais cru au début. Bref, on opte pour une idée lumineuse de Lulu, allez voir le coucher du soleil à partir de Squibb Park bridge, Brooklyn. Retour vers le pont où effectivement, la vue est jaw-dropping. On passe d’abord par un petit chemin sur une passerelle surélevée qui serpente entre des résidences luxueuses aux grandes baies vitrées, et on arrive dans une cuvette de verdure, en face de la jetée avec Manhattan qui nous dégouline littéralement dessus. On a l’impression que les buildings nous regarde de haut, écrasant, un peu hautains. Le soleil se couche en fond, et petit à petit les immeubles se parent de points lumineux à mesure que la luminosité ambiante décline. C’est gratos alors on reste un bon moment, un peu hypnotisés. Au retour, je décide, plutôt qu’à Greenwich, d’investir ici, à Dumbo, Brooklyn ; la vue est incroyable, les apparts ont d’immenses baies vitrées, et on doit pouvoir rapidement rejoindre Pfizer en vélo électrique pour Lucie quand elle se fera embauché avec un salaire digne de Mbappé.
(Note: toutes les photos sont visibles sur ce lien)










































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